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Si nous savions le don de Dieu (18/03/2017)

18 mars 2017

Billet de spiritualité de Bernard PODVIN paru le samedi 18 mars 2017 dans les pages "religion & spiritualité" du quotidien chrétien national "La Croix"

Si nous savions le don de Dieu !

Lutter contre la soif dans le monde n’est déjà pas une mince affaire. Le pape François le montre avec méthode dans son encyclique « Laudato si’ ». Mais révéler à l’homme la profondeur de sa soif existentielle, qui le fera ? Comment percevoir le don prêt à sourdre en soi, si demeure inconnu le donateur ?

L’Évangile de ce dimanche invite à contempler le Fils de Dieu venu à nous, afin que nous n’ayons plus jamais soif. Au puit de Jacob, Jésus commence par quémander l’eau de la terre qui étanchera son corps de la journée harassante. Il n’a pas de seau, et la nappe est profonde. L’humanité de sa demande en prépare d’autres. Il désire que la Samaritaine l’accueille, au point de découvrir en elle-même la soif dont elle ignore encore la signification. Qui donc est-il ? Comment connaître à sa justesse le mystère de sa personne ? Tant de sécheresses humaines demeurent inextinguibles à jamais. Quelqu’un serait-il en mesure d’y répondre ? Tant d’attentes personnelles restent inassouvies à coup de déceptions.

Jésus traverse notre Samarie personnelle et d’aujourd’hui afin que nous ayons soif de Lui. Il est à la fois le sourcier et la source. La joie de découvrir qui il est pour l’homme suscite le jaillissement d’une joie plus intense encore. Comme le diront plusieurs auteurs spirituels : « En Lui se rencontrent nos désirs et leur exaucement ». Le puits de Jacob symbolise ‘espace et le temps que Dieu veut habiter en Jésus pour que soit reconnue en chacun la capacité d’aimer. Le Christ réalise la volonté de son Père afin que l’homme vive. Il nous précède au tréfonds de nous-même.

Le Carême est ce temps béni pour que grandisse en nos cœurs le consentement à descendre en nous dans la confiance d’être précédés par Jésus. Son Amour nous attend au plus intime de notre être. Le puit de Jacob est parabole de ce que Jésus veut désensabler en tout homme et tout l’homme. Mais ce consentement ne se fraie un chemin véritable que s’il est conversion. Un Père du désert disait : « J’ai eu, un jour, la vision de tous les obstacles que mettait le Tentateur, et je me demandais qui parviendrait à les traverser. Une voix lui répondit : ‘’l’humilité !’’ ». L’humilité, seule voie libératrice donnant à la Samaritaine la capacité d’accueillir la vérité sur elle-même. Au point d’annoncer Jésus qui la connaît si bien. L’humilité nous fait offrir au Seigneur le petit récipient ordinaire de notre quotidien pour puiser l’eau, afin que sa grâce lumineuse nous fasse découvrir un autre forage divin pour lequel toute cruche peut être abandonnée. Là encore, les Pères du désert nous confient le secret : « Sois attentif au nom de Jésus-Christ d’un cœur sincèrement contrit, le faisant jaillir de tes lèvres. Qu’il ne soit pas gravé en toi en apparence. Tu verras sa divinité se reposer en toi. Il purifiera en toi l’homme intérieur, Lui qui est lumière du monde et pain de vie ».

Puisse la méditation de ce dimanche réveiller en nous cette humilité qui reconnaît avoir tout à recevoir du Christ. L’évangéliste met à découvert le don ineffable qui réside en Jésus. Afin que, par la grâce du Carême, la vérité de nos soifs soit mise à nu. Poussés par l’Esprit au désert, nous ne pourrons tricher avec nous-mêmes, si nous laissons le Seigneur forer son eau vive en nos personnes et nos communautés. Ne disons surtout pas que ce chemin de grâce est réservé à une élite pour prétexter toute distance avec cet appel. Les petits nous précèdent à la source. L’humble Samaritaine, d’abord enseignée par ses Pères, est éveillée par Jésus au désir d’adorer en esprit et en vérité. Que le Carême attise notre humilité à demander à boire à Celui dont notre foi proclame le Nom !

Bernard PODVIN

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