Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

Document Actions

L'enseignement religieux (09/02/2013)

9 février 2013

Point de vue de Mgr Christian KRATZ, évêque auxiliaire de Strasbourg, paru le samedi 9 février dans les pages du quotidien régional "Les Dernères Nouvelles d'Alsace".

L'enseignement religieux (09/02/2013)

Mgr Kratz : « L’homme n’est pas seulement un producteur-consommateur, mais un être doué de raison, de sensibilité et ouvert à une spiritualité. » Photo archives DNA

Point de vue : les vertus de l’enseignement religieux

« En tant qu’évêque accompagnateur du service ecclésial qui assure l’enseignement religieux à l’école publique, je voudrais dire pourquoi l’Église catholique défend la situation actuelle et refuse que “l’heure de religion” devienne une matière à option.
Les adversaires de l’enseignement religieux à l’école disent que la fréquentation baisse. S’il est vrai que cet enseignement subit une érosion, dites-moi quelle autre matière du programme scolaire rassemblerait volontairement plus de 60 % des effectifs au primaire et plus de 30 % en collège-lycée ?

La dispense est une bonne formule
Cette “matière” n’est pas notée, n’entre pas dans l’élaboration de la moyenne de l’élève, elle est souvent placée à une heure défavorable, néanmoins elle continue à intéresser un nombre significatif de familles.
L’autre argument des opposants consiste à en appeler à la liberté de conscience, qui serait bafouée par notre régime de dispense. Si l’Éducation nationale doit obligatoirement organiser l’heure d’enseignement religieux, chacun est libre d’y participer ou non, moyennant dispense. Celle-ci n’est pas stigmatisante car elle n’est pas d’abord liée à la foi ou à l’absence de foi des demandeurs, mais bien souvent à l’horaire proposé, à la personnalité du professeur ou… au fait qu’il est plus agréable de bénéficier d’une heure de liberté que d’une heure de réflexion ! En outre, être obligé de s’inscrire renverse simplement les perspectives et risque de singulariser ceux qui voudront le faire…

Une raison culturelle
Tout le monde constate l’ignorance religieuse des jeunes, incapables de reconnaître un tableau de maître représentant l’Annonciation ou de déchiffrer le sens d’un poème de Victor Hugo. L’enseignement du fait religieux essaie déjà de pallier ces lacunes mais reconnaissons que c’est très insuffisant et qu’il est navrant que beaucoup ignorent le contenu de la Bible, le sens des fêtes religieuses et les racines judéo-chrétiennes de notre civilisation.
Il y a ensuite une raison sociétale.
Ceux qui ont le souci d’une société harmonieuse, en capacité de faire droit à la différence des cultures et des religions savent que le principal obstacle à ce beau projet est constitué par l’ignorance, la méfiance et la peur de l’autre. Le cours d’enseignement religieux favorise l’apprentissage du dialogue et le “vivre ensemble” des religions. Dans la mesure où les élèves savent d’où ils viennent et qui ils sont, ils peuvent s’ouvrir aux autres, trouver leur propre identité et respecter celle des autres.

Pour réfléchir au sens de la vie, de la mort et de l’amour
Il y a enfin une raison proprement morale et religieuse. À une époque où la famille éprouve de grandes difficultés à transmettre les valeurs au cœur d’une société anxiogène qui suscite de nombreux exclus, il est utile et bon que les élèves puissent réfléchir aux grandes questions du sens de la vie, de la mort et de l’amour que portent les religions. Chacun est invité à acquérir des connaissances, à développer son esprit critique et finalement à se mettre en route ou non sur le chemin d’une existence croyante.
En ce sens, j’ose affirmer que l’enseignement religieux constitue un service public qui aide chacun à se situer dans l’orientation qu’il veut donner à sa vie.
L’homme n’est pas seulement un producteur-consommateur, mais un être doué de raison, de sensibilité et ouvert à une spiritualité. Avec d’autres, le christianisme est pourvoyeur de sens et invite à découvrir le bonheur et l’espérance d’accueillir l’Évangile.

Le statut local est d’une étonnante modernité ; il ouvre des portes et invite au choix
Au-delà des querelles partisanes, reconnaissons la chance que nous avons de bénéficier d’un statut local que la population alsacienne apprécie dans sa grande majorité. Laissons-le vivre car il est d’une étonnante modernité dans la mesure où il ouvre des portes, invite aux choix et à la responsabilité et forme des hommes et des femmes de conviction et d’engagement dont notre monde a bien besoin ».

 

<< Go back to list