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La foi ou la mort (09/04/2011)

9 avril 2011

Billet de spiritualité de Régine MAIRE paru le samedi 9 avril 2011 dans les pages "liturgie" du quotidien chrétien national "La Croix"

La foi ou la mort


Nous lisons aujourd’hui le dernier « signe » de l’Évangile de Jean. Rappelons-nous que les signes sont donnés « pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et que pour qu’en croyant, vous ayez la vie en Son nom ».
Cet épisode achève une longue controverse qui oppose Jésus et les pharisiens qui ne peuvent ou ne veulent reconnaître en Jésus « Dieu parmi les hommes ». Or il s’agit d’une question de vie (et de mort) car la foi, martèle Jésus, fait accéder à la vie.

Entrons dans le récit : un homme est malade et cet homme est ami de Jésus. Cette maladie va traverser les liens d’amitié qui lient Jésus à cette famille : « Jésus aimait Marthe, et sa sœur, et Lazare. » L’amour est bien là et c’est sans doute à cette lumière qu’il faut entendre « cette maladie servira à la gloire de Dieu ; c’est par elle que le Fils de Dieu doit être glorifié » : nous contemplons, en effet, la gloire de Dieu dans le Fils. Il est lumière, et à cette lumière nous ne trébucherons pas nous dit le texte. Dans cette lumière il n’y a pas non plus de mort : « Notre ami Lazare s’est endormi », dit Jésus. Et les disciples de penser que c’est sans doute le mieux pour un malade… Mais Jésus leur dit ouvertement que « Lazare est mort » et que c’est une chance pour eux car cet événement sera un témoignage.

À son arrivée, Jésus se trouve au milieu des lamentations censées apporter la consolation. Mais Marthe, dans la fermeté de sa foi, permet à Jésus de se révéler : « Je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en moi, s’il meurt, vivra. Quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. » Croire en Jésus c’est reconnaître que la vie a du sens et qu’il faut vivre en conséquence.

Marthe est dans cette ouverture, dans cette confiance en la parole : elle croit. Lorsqu’elle va appeler sa sœur Marie nous sommes témoins d’un moment de forte émotion… et Jésus ne relèvera pas le regret de Marie : « Si tu avais été là… » Certains témoins malgré tout trouveront l’occasion d’ironiser : « Celui qui a ouvert les yeux de l’aveugle n’a pas été capable d’empêcher Lazare de mourir. »

Plus tard, Jésus retrouve le dialogue avec Marthe : « Si tu crois tu verras la gloire de Dieu. » Et il parle assez fort pour que les témoins de la scène l’entendent et qu’au signe qui va advenir ils croient. De fait certains croiront, d’autres iront le dénoncer. Vont suivre deux moments inouïs : à l’appel de Jésus, Lazare sort du tombeau mais pieds et mains liés par les bandelettes, ce qui nécessite un deuxième appel : « Déliez-le et laissez-le aller. »

Il est libre de tous liens, même celui de la reconnaissance ! Il faut qu’il aille, il a traversé la mort, il est pardonné de tout péché. C’est cela vivre et croire. C’est cela voir la gloire de Dieu. On peut voir un prodige sans advenir à la vérité : la suite du récit le montre.

Et c’est bien la fonction de cet événement : nous faire poser un acte de foi comme témoins de la scène. Et n’avoir plus de crainte, comme Thomas, notre jumeau à tous, qui n’a plus peur ni de la mort de Lazare, ni de celle de Jésus, ni de la sienne : « Allons, nous aussi et nous mourrons avec lui. » Car la mort définitivement vaincue est transfigurée par la foi. Le chemin de la Semaine Sainte est celui-là : chasser la peur et croire en la Vie.

Seigneur Jésus, tu nous montres dans ce texte combien tu nous aimes, combien tu tiens à nous. Tu nous donnes ta vie qui nous fait exister pour nous-mêmes, « déliés de tout autre lien ». Tu nous rends unique. Donne-moi ton Esprit. Lui seul pourra me montrer quelle pierre m’enferme aujourd’hui dans le silence, l’égoïsme, la jalousie, le mensonge, et lui seul me donnera la force de la rouler. Qu’Il me délie de ces « bandelettes » qui m’empêchent de me donner, d’aimer, de pardonner pour vivre de ta vie. À chacun aujourd’hui tu lances ton appel : « Sors dehors », « Viens respirer à pleins poumons le souffle de mon Esprit qui fait vivre. »


Régine MAIRE

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