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Interview de Mgr GRALLET (L'Alsace - 25/07/2010)

25 juillet 2010

Interview de l'archevêque de Strasbourg, Mgr Jean-Pierre GRALLET, à propos du réaménagement pastoral en cours dans le diocèse. Article paru le dimanche 25 juillet 2010 dans les pages "région" du quotidien régional "L'Alsace" sous la plume d'Aurélie FEIX.

Interview de Mgr GRALLET (L'Alsace - 25/07/2010)

Mgr GRALLET a repris ses activités début juillet. "L'hospitalisation, qui était longue, est suivie d'un très bon effet, et la convalescence nécessaire s'est bien passée. Me voici bien retapé" a déclaré vendredi l'archevêque de Strasbourg. (Photo A.FEIX)

Un défi pour le diocèse : rassembler pour pratiquer


Le réaménagement pastoral a été lancé dans le diocèse de Strasbourg en 2002, par Mgr Joseph Doré. Il s’est traduit par la création de 169 communautés de paroisses. Les premières ont été reconnues officiellement en 2005. Mgr Jean-Pierre Grallet, archevêque de Strasbourg, dresse un premier bilan de ce grand chantier diocésain.

Monseigneur Grallet, depuis le lancement des communautés de paroisses, combien d’entre elles ont déjà été reconnues par Mgr Doré, vous-même et vos collaborateurs ?
113, sur les 169 communautés de paroisses, soit plus des deux tiers. 15 reconnaissances sont encore prévues pour cette année, et la majeure partie des communautés de paroisses seront reconnues à la date du 11 novembre 2011, jour au cours duquel nous célébrerons une nouvelle étape du réaménagement pastoral.

De quoi s’agira-t-il ?
Cette journée devrait rassembler tous les membres des équipes d’animation pastorale du diocèse. Elle aura une triple dimension : bilan du chemin parcouru depuis la mise en route du réaménagement pastoral, action de grâce pour tout ce qui a été vécu et perspectives pastorales missionnaires pour les années à venir.

Quel bilan pourrait-on déjà tirer de la mise en œuvre du réaménagement pastoral ?
C’est un gros chantier, inévitable. Ne rien faire eût été irresponsable. Ce réaménagement dérange des habitudes, il n’est donc pas toujours bien compris. S’il est appliqué de façon idéologique, il est mal vécu. À la fois des paroissiens et des prêtres, chacun gardant l’image idéalisée « un clocher, un curé ». Mais si on veut bien le comprendre, il faut considérer le réaménagement pastoral comme un acte de charité diocésaine. C’est-à-dire que pour le bien de tous, nous devons voir quels sont les besoins de chacun et quelles sont les ressources disponibles pour y répondre.
Le réaménagement pastoral n’est pas une complication de la vie chrétienne. Il est simplement une adaptation responsable aux réalités d’aujourd’hui, qui fait collaborer les chrétiens de diverses paroisses mais aussi les prêtres et les laïcs. Et l’expérience s’avère très encourageante.
Mais on peut tout de même se demander si le regroupement des paroisses n’a pas un impact négatif sur la pratique dominicale des croyants et la fréquentation des églises…
Le regroupement des chrétiens et leurs déplacements dans la paroisse voisine présentent un grand avantage et un inconvénient. Le grand avantage, c’est celui de nous regrouper, de nous encourager, d’exprimer notre vitalité et de sortir de notre isolement. L’inconvénient, c’est de ne plus manifester assez la proximité avec chacun des chrétiens, là où ils vivent. Une église dans un modeste village, cela a du sens, les gens y sont attachés. Une communauté de croyants qui s’y réunit pour y prier chaque semaine est un signe encore plus fort.
Nous sommes donc en face d’un double défi : rassembler les chrétiens pour de grandes célébrations et maintenir dans chaque lieu des occasions de prière et de charité. J’ajoute un troisième défi : retrouver le goût de la prière familière, à laquelle chacun peut accéder avec des mots très simples.

On entend aussi parler d’« assemblées dominicales en l’absence de prêtre », ou « adap », qui sont organisées dans certaines communautés de paroisses. Vont-elles se généraliser ?
Il y a une vingtaine d’années, l’expérience des adap n’avait pas été durable dans le diocèse… J’aborde le sujet de façon un peu différente. Plutôt que de parler d’adap, je préfère parler d’assemblée en présence de la Parole de Dieu. Car même si nous avons encore assez de prêtres pour la célébration de l’eucharistie, il serait bien que la Parole de Dieu permette la réunion régulière des chrétiens dans tous leurs lieux de vie. Et ce, sous forme d’assemblées de la Parole lue, méditée, commentée, priée ensemble.
Ces réunions n’ont pas à être en concurrence avec la messe. C’est un précieux complément, une occasion plus libre de se rassembler, de s’exprimer et de faire le lien entre cette Parole de Dieu et la vie des hommes. Une messe avec ses règles liturgiques est indispensable. Elle sera d’autant mieux vécue si elle est précédée ou suivie par un temps plus libre et familier d’appropriation de la Parole de Dieu. Le prêtre, si important soit-il – et j’en suis profondément convaincu – n’en est que le serviteur.
Je pense que l’année qui vient devrait nous permettre de faire des propositions et d’offrir des outils – des manuels de célébration – pour permettre de telles assemblées.


Propos recueillis par Aurélie FEIX
 

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