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Habemus Papam : commentaire du cardinal BARBARIN (11/09/2011)

11 septembre 2011

Le cardinal BARBARIN, cardinal-archevêque de Lyon, a vu le film -sans foi- « Habemus Papam » de Nanni MORETTI. Ses commentaires glânés sur le web.

« Habemus Papam peut paraitre un film agressif, mais en fait il m’a plu. J’y ai vu une belle démonstration par l’absurde que l’Église, sans Jésus, n’est rien. Tout comme la foi, sans la vie éternelle. Nanni MORETTI ne retient de l’Église que l’institution. Dans la première partie de son film, il nous montre un cardinal en pyjama qui s’adonne à une réussite, un autre qui se prépare un café, un groupe d’autres empressés de sortir du Vatican pour visiter une exposition et déguster une glace… Il n’y a là rien de scandaleux, mais c’est bizarre d’insister sur ces détails et de vider totalement la vie d’un cardinal de ce qui en est l’essence.

En entrant dans le conclave qui a élu Benoit XVI, je me suis confessé pour être dans la grâce de mon baptême au moment de l’élection, et j’imagine que je ne suis pas le seul à l’avoir fait… Au début, les cardinaux échangeaient sur une foule de sujets, les séminaires, l’oecuménisme, la situation en Chine ou en Afrique… Puis, ces débats épuisés, il ne nous restait plus qu’à nous tourner vers Dieu. Nous sommes entrés dans le silence et chacun, dans sa prière, demandait à Dieu de lui montrer celui qui serait le plus apte pour occuper ce poste. Chaque fois que je me rendais à la chapelle, elle était pleine.

Mais MORETTI ne montre jamais un cardinal en prière. Quand vous videz notre vie de ce qui en fait le coeur, que reste-t-il, quel sens peut-elle avoir ? … À la fin du film, le pape apparait au balcon, sur la place Saint-Pierre, et appelle à une réforme de l’Église. Et la foule applaudit. Certains y verront de l’audace de la part de MORETTI ! Moi, je trouve cela plutôt risible. Qu’il faille réformer l’Église, c’est bien entendu ; que ceux qui en ont la responsabilité le tentent, tant mieux ; qu’un pape le dise, au premier moment où il apparaît en public, oui. Et encore, dans ce cas, mieux vaut attendre de faire que de dire. Mais, surtout, comment peut-on imaginer que le successeur de Pierre s’adresse aux fidèles sans parler de Jésus ? C’est absurde ! Comparez ce discours de Melville avec les premiers mots de Benoît XVI : « Je suis un humble ouvrier dans la vigne du Seigneur », ou avec le beau cri de Jean Paul II « Ouvrez toutes grandes les portes de votre vie au Christ. » Dès la première minute, le pape parle de Jésus ou cite l’Évangile, dont il est pétri ! »
 

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