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Dieu a tant aimé le monde (10/06/2017)

10 juin 2017

Billet de spiritualité de Bernard PODVIN paru le samedi 10 juin 2017 dans les pages "religion et spiritualité" du quotidien chrétien national "La Croix"

 Dieu a tant aimé le monde

 

« Daigne imprimer en moi ta Divine Ressemblance afin que tu ne puisses regarder l’âme de ta petite épouse sans te contempler Toi-même ». Il faut être Thérèse de Lisieux pour exprimer avec tant de justesse et de maturité la seule réponse spirituelle possible à l’Évangile de ce dimanche de la Sainte Trinité.

En vérité, le miroir de nos existences concrètes nous révèle, de nombreux matins, un visage tellement plein de nous-même ! Le Christ s’y contemplera-t-il vraiment un jour ? Il ne faut surtout pas hausser les épaules avec un orgueil désabusé, prétendant que cette sainteté, parce qu’exceptionnelle, nous demeurerait à jamais inaccessible. La petite voie de Thérèse nous est proposée. En acceptons-nous la conversion intérieure ? Saint Jean nous dit combien Dieu ne pouvait davantage aimer le monde qu’en lui donnant son Fils unique. Ineffable réalité qui bouleverse le devenir de l’humanité ! Qui sommes-nous donc, pour que Dieu nous donne le meilleur de Lui ? Qui sommes-nous pour que, par ce Fils, Dieu ne vienne pas juger, mais sauver en nous ce qui nous entraîne vers le bas ?

Se laisser saisir par cet Amour, au plus quotidien de nos vies familiales, sociales et ecclésiales, c’est consentir progressivement au dépouillement de ce qui nous encombre, afin de marcher en cette petite voie du disciple bien-aimé. La dépossession de ce qui entrave en nous la simplicité du cœur ne se fera pas sans une âpre lutte ; mais Dieu désire que nous le désirions !

Du haut de ses 24 ans d’humanité et de sainteté, Thérèse a compris que le croyant n’est pas quelqu’un qui voit plus facilement que ses contemporains la douceur du regard de Dieu, mais laisse l’humilité de le prier de « l’embrasser de cet Amour ». Ici réside la clé de la compréhension. La Trinité ne vient pas gonfler d’orgueil les superbes. Elle survient comme un feu indicible dans les cœurs purs. Parce ce qu’elle est cet Amour, ô combien désirable, échangé par les personnes divines entre elles, la Trinité vient sauver l’homme de ce qui l’aliène encore.

En ces semaines où l’actualité pourrait nous désemparer par sa violence aveugle et compulsive, et par la lenteur de la communauté internationale à porter soin à la création, la fête de la Trinité nous réveille. Si Dieu a aimé l’homme à ce point, la vocation de chacun de nous n’est-elle pas de répondre le plus intensément à la fécondité du don de soi sans retour ? Invoquons la Sainte Trinité. Qu’elle nous procure l’acuité du discernement des justes décisions, et l’ardeur de les concrétiser. Qu’elle nous libère des fausses compromissions. Qu’elle nous protège de la tentation du repli sur soi. Qu’elle façonne en nous le visage d’artisans de paix et de joie profonde.

Tout ceci ne serait que pieuse littérature ou docte discours si Dieu n’avait pris nos chemin. C’est afin que quiconque croit en Lui obtienne la vie éternelle, que Dieu a aimé le monde du plus grand amour qui soit ! La Pâque de Jésus donne à notre prière trinitaire la plénitude d’une confiante réception filiale. Le signe de la Trinité est signe de la Croix accompli sur la vie naissante, grandissante, éprouvante, réjouissante, ou finissante de chaque frère humain dans un immense mouvement rédempteur et d’action de grâce. Voulons-nous être témoins quotidiens de la Trinité bienveillante ? Voulons-nous devenir, pour le Christ aujourd’hui, ce qu’Élisabeth de la Trinité appelle « une humanité de surcroît » ? La Trinité veut prendre vie en notre chair blessée par tant d’épreuves, réjouie par tant d’espérance, et promise à toute éternité. Du levant au couchant de chaque jour, maintenant et à l’heure de notre mort, que tout soit en nous vécu au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit !


Bernard PODVIN

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